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Psychologue, psychiatre, psychothérapeute ou thérapeute : quelles différences ?

Psychologue, psychiatre, psychothérapeute ou thérapeute : découvrez leurs rôles, leurs formations et qui peut prescrire en Belgique.

Par Yachay 11 minutes de lecture
Un homme marche dans une rue en réfléchissant au choix entre psychologue, psychiatre, psychothérapeute et thérapeute

Quatre mots qui semblent proches, mais ne sont pas interchangeables

Lorsque l’on cherche de l’aide, les intitulés peuvent rapidement devenir confus : psychologue, psychiatre, psychothérapeute et thérapeute. Ces professionnels peuvent tous proposer une forme d’écoute, de soins ou d’accompagnement, mais ils n’ont pas nécessairement suivi la même formation, ne disposent pas des mêmes compétences et ne sont pas soumis aux mêmes règles.

La difficulté vient aussi du fait qu’un mot peut changer de sens selon le pays et la langue. En anglais, therapist est très courant, mais il ne traduit pas exactement « psychologue ». Il s’agit généralement d’un terme large qui décrit une fonction : une personne qui pratique une thérapie. Pour traduire « psychologue », le mot le plus précis reste psychologist.

Cet article prend la Belgique comme point de départ, puis compare brièvement la France, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et les États-Unis. Les règles pouvant évoluer, il reste utile de vérifier le titre et l’inscription d’un professionnel auprès de l’autorité compétente.

Qu’est-ce qu’un psychologue en Belgique ?

En Belgique, le titre de psychologue est protégé par la loi depuis 1993. Une personne ne peut pas simplement l’utiliser parce qu’elle accompagne des patients ou a suivi quelques formations. Elle doit posséder un diplôme reconnu en psychologie et être inscrite sur la liste de la Commission des Psychologues. Cette obligation vaut aussi pour des titres composés comme psychologue du travail, neuropsychologue ou psychologue clinicien.

Le mot psychologue ne signifie toutefois pas automatiquement « professionnel qui fait une psychothérapie ». La psychologie comprend plusieurs domaines : clinique, travail, recherche, enseignement, neuropsychologie ou psychologie scolaire. Tous les psychologues ne reçoivent donc pas des patients en consultation.

Pour exercer la psychologie clinique en Belgique, des exigences supplémentaires s’appliquent. Le professionnel doit notamment disposer d’un agrément délivré par la Communauté compétente et d’un visa du SPF Santé publique. Le psychologue clinicien peut contribuer à l’évaluation et au traitement de problématiques psychiques. Selon sa formation, il peut aussi pratiquer la psychothérapie.

En pratique, vous pouvez vérifier le droit de porter le titre de psychologue dans la liste officielle de la Commission des Psychologues. Pour un psychologue clinicien, il est également pertinent de vérifier son autorisation d’exercer auprès des outils officiels des professionnels de santé.

Qu’est-ce qu’un psychiatre en Belgique ?

Le psychiatre est avant tout un médecin qui s’est ensuite spécialisé en psychiatrie. En Belgique, cela implique un diplôme de médecine, un visa autorisant l’exercice, une inscription à l’Ordre des médecins, une formation spécialisée théorique et pratique, puis la reconnaissance du titre de médecin spécialiste. C’est cette formation médicale qui le distingue fondamentalement du psychologue et du psychothérapeute.

Le psychiatre peut poser un diagnostic médical, tenir compte des dimensions psychiques et physiques, prescrire des médicaments et en surveiller les effets ou les effets indésirables. Il peut également demander des examens médicaux et coordonner une prise en charge hospitalière lorsque la situation le nécessite. Certains psychiatres proposent aussi une psychothérapie s’ils sont formés à cette pratique, mais ce n’est pas systématique.

Un traitement ne désigne donc pas forcément un médicament : la psychothérapie est elle aussi une forme de traitement, mais elle repose sur des moyens psychologiques. En revanche, lorsqu’un médicament est indiqué, sa prescription relève d’un médecin. Psychologue, psychothérapeute et psychiatre peuvent ainsi travailler de manière complémentaire. Une consultation psychiatrique peut notamment être pertinente lorsqu’une évaluation médicale ou médicamenteuse est nécessaire, ou face à des symptômes sévères, inhabituels ou qui s’aggravent rapidement.

Que signifie le terme « thérapeute » en Belgique ?

En Belgique, le mot thérapeute décrit avant tout une personne qui propose une thérapie. Employé seul, il ne permet pas d’identifier une profession ou une qualification précise et ne renseigne pas suffisamment sur le diplôme initial, le domaine de compétence ou le statut légal. Une personne qui se présente comme thérapeute peut être psychologue clinicienne, médecin, kinésithérapeute, ergothérapeute ou exercer dans un autre cadre, selon le type de thérapie concerné.

Dans le domaine de la santé mentale, « thérapeute » est souvent utilisé comme terme générique ou comme raccourci dans une conversation. Il ne faut donc pas en déduire automatiquement que la personne est psychologue. Le bon réflexe consiste à demander : quel est votre diplôme de base ? Quel titre professionnel portez-vous ? Êtes-vous inscrit auprès d’une autorité ou d’un registre ? Quelle formation avez-vous suivie pour la méthode proposée ?

Cette prudence ne signifie pas qu’un professionnel est incompétent parce qu’il emploie le mot thérapeute. Elle signifie simplement que le mot, à lui seul, ne permet pas de connaître ses qualifications.

Qu’est-ce qu’un psychothérapeute en Belgique ?

La psychothérapie est une forme de traitement qui utilise des moyens psychologiques dans un cadre relationnel. En Belgique, elle est juridiquement considérée comme une forme de traitement des soins de santé mentale, et non comme une profession de santé autonome disposant de son propre agrément.

Pour les personnes ayant commencé leurs études à partir de l’année académique 2017-2018, l’exercice autonome de la psychothérapie suppose d’abord un titre de médecin, de psychologue clinicien ou d’orthopédagogue clinicien, puis une formation complémentaire d’au moins 70 crédits ECTS et un stage professionnel d’au moins deux ans à temps plein, ou son équivalent à temps partiel. Des régimes de droits acquis existent pour certaines personnes formées ou déjà actives avant cette réforme.

Ainsi, un psychologue clinicien peut aussi pratiquer la psychothérapie s’il remplit les conditions, mais tous les psychologues ne sont pas psychothérapeutes. Inversement, selon les droits acquis, toutes les personnes qui pratiquent légalement la psychothérapie ne portent pas nécessairement le titre de psychologue.

Les mots changent-ils de sens dans les autres pays ?

En France

En France, l’usage professionnel du titre de psychologue est réservé aux personnes qui possèdent les diplômes reconnus par la loi. Le titre de psychothérapeute est lui aussi protégé : il est réservé aux professionnels inscrits au registre national des psychothérapeutes, avec des exigences de formation théorique et pratique en psychopathologie clinique.

Le terme « thérapeute » employé seul reste beaucoup moins précis. Il faut regarder le titre complet, les diplômes et l’enregistrement éventuel plutôt que se fier à ce seul mot. Un psychologue français n’est pas automatiquement psychothérapeute, même si certaines formations et certains diplômes peuvent ouvrir des dispenses partielles dans le parcours requis.

En France, un psychiatre est un médecin spécialiste en psychiatrie. Il peut établir un diagnostic médical, prescrire des médicaments, en assurer le suivi et proposer d’autres formes de traitement, dont la psychothérapie lorsqu’il la pratique. Le mot ne désigne donc pas un psychologue ayant suivi une spécialisation supplémentaire, mais bien un professionnel ayant d’abord étudié la médecine.

Au Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, la situation surprend souvent. Le mot psychologist, utilisé seul, n’est pas un titre légalement protégé. En revanche, plusieurs titres professionnels précis le sont, notamment clinical psychologist, counselling psychologist, health psychologist et practitioner psychologist. Leur usage exige une inscription au Health and Care Professions Council, le HCPC.

Les mots therapist, counsellor et psychotherapist ne sont pas, à eux seuls, des titres protégés par le HCPC. Ils sont très utilisés dans la langue courante. Un Britannique peut donc dire my therapist en parlant de la personne qui l’accompagne, y compris lorsque celle-ci est psychologue. Mais cela ne transforme pas therapist en traduction exacte de « psychologue » : le terme peut désigner des parcours très différents. Des registres professionnels volontaires accrédités peuvent fournir des repères supplémentaires.

Le mot psychiatrist a un sens plus précis : il désigne un médecin ayant poursuivi une formation spécialisée en psychiatrie. Au Royaume-Uni, les psychiatres sont enregistrés comme médecins auprès du General Medical Council. Ils peuvent diagnostiquer des troubles mentaux, prescrire des médicaments et utiliser des traitements psychologiques. Pour exercer comme consultant psychiatrist dans la plupart des services de santé britanniques, une inscription au registre des spécialistes du GMC est normalement requise.

Aux Pays-Bas

Aux Pays-Bas, le titre général psycholoog n’est pas protégé par la loi : ce mot seul ne garantit donc pas un diplôme précis. Des titres plus spécifiques le sont en revanche dans le cadre de la loi BIG. C’est notamment le cas de gezondheidszorgpsycholoog, souvent abrégé en gz-psycholoog, de klinisch psycholoog et de psychotherapeut.

Les professionnels qui portent ces titres protégés doivent être inscrits au registre BIG. Ce registre public permet de vérifier leur qualification, leur droit d’exercer et d’éventuelles mesures disciplinaires. Une affiliation au Nederlands Instituut van Psychologen ou l’usage de la marque Psycholoog NIP® peut aussi renseigner sur une formation universitaire, mais ne remplace pas une inscription BIG lorsque celle-ci est requise pour le titre utilisé.

Le titre psychiater est, lui aussi, clairement encadré. Il désigne un médecin inscrit au registre BIG qui a ensuite achevé la spécialisation médicalement reconnue en psychiatrie et figure dans un registre de spécialistes. Dans le registre BIG, cette qualification apparaît comme arts – specialisme psychiatrie (psychiater). Comme les autres médecins spécialistes, le psychiatre peut poser un diagnostic médical et prescrire des médicaments, tout en proposant ou en coordonnant d’autres traitements psychiatriques.

Aux États-Unis

Aux États-Unis, les règles varient selon l’État. Dans la plupart des États, exercer la psychologie ou utiliser le titre de psychologist exige une licence. Les psychologues cliniciens et de counselling ont généralement une formation doctorale, une expérience supervisée et des examens professionnels, mais les conditions précises dépendent de la juridiction.

Le mot therapist sert souvent de terme parapluie. Il peut désigner un licensed psychologist, un licensed professional counselor, un travailleur social clinique agréé ou un marriage and family therapist. Psychotherapist décrit souvent le fait de pratiquer la psychothérapie plutôt qu’un diplôme universitaire unique. Pour savoir à qui l’on s’adresse, il faut donc regarder les lettres du titre professionnel et vérifier la licence auprès du conseil de l’État concerné.

Aux États-Unis, un psychiatrist est un médecin — titulaire d’un diplôme MD ou DO — qui a suivi une résidence spécialisée en psychiatrie. Il doit posséder une licence médicale dans l’État où il exerce. Il peut évaluer les dimensions physiques et mentales, poser un diagnostic, prescrire des médicaments et pratiquer la psychothérapie. La certification de l’American Board of Psychiatry and Neurology constitue une qualification supplémentaire volontaire et ne remplace pas la licence médicale délivrée par l’État.

Quels professionnels sont présents sur Yachay ?

Sur Yachay, seuls les psychologues inscrits auprès de la Commission des Psychologues sont actuellement acceptés sur la plateforme. Cette condition permet de vérifier qu’ils disposent d’un diplôme reconnu en psychologie et qu’ils sont autorisés à porter le titre de psychologue en Belgique.

Pour une psychothérapie, demandez dans quel cadre légal et avec quelle formation complémentaire elle est pratiquée.

Le titre est un repère important, mais il ne résume pas toute la qualité d’un accompagnement. La clarté du cadre, l’éthique, l’expérience et le sentiment de sécurité dans la relation comptent aussi.

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